Sur le bout des doigts
Ou dans le Minnesota
Sous la toile de ta canadienne
Dans un état proche du coma
Je t’ai laissé filer à l’anglaise
Un tour de clé en guise d’au revoir
Un tour du monde, une parenthèse
Dans le désert de ma mémoire
Et pourtant je te retrouverai
Dans un mois ou même une année
Et pourtant je te retrouverai
Dans un an sans même te chercher
Sur le bout de la langue
Au sommet de l’Anapùrna
Sous la neige, au fond du Gange
Ou dans les bras de n’importe quoi
Je t’ai laissé filer à l’anglaise
Un tour de clé en guise d’au revoir
Un tour du monde, une parenthèse
Dans le désert de ma mémoire
Et pourtant je te retrouverai
Dans un mois ou même une année
Et pourtant je te retrouverai
Dans un an sans même te chercher
Sur le fil du rasoir
Dans un quartier de Bogota
Sous le soleil de Casablanca
Ou dans une salle de cinéma
Je t’ai laissé filer à l’anglaise
Un tour de clé en guise d’au revoir
Un tour du monde, une parenthèse
Dans le désert de ma mémoire
Et pourtant je te retrouverai
Dans un mois ou même une année
Et pourtant je te retrouverai
Dans un an sans même te chercher.
A l'anglaise
Le Labrador
J’ai pris la peine de t’apprivoiser
Malgré le sang que tu as fait couler
J’ai pris le temps de t’apprécier
Malgré l’argent que tu m’as volé
Que feras-tu si je m’endors ?
Oseras-tu m’abandonner?
Partiras-tu au Labrador,
Dans cette région dont je t’ai parlée ?
J’ai pris la peine de te soumettre
Quelques idées dont tu t’es passées
J’ai pris le temps de te connaître
Malgré celui qui nous est compté
Que feras-tu si je m’endors ?
Oseras-tu me laisser tomber?
Partiras-tu au Labrador,
Dans cet endroit dont je t’ai parlé ?
J’ai pris la peine de te couvrir
Face aux dangers qui nous guettaient
J’ai pris le temps de te sourire
Face à la mort qui s’approchait
Que feras-tu si je m’endors ?
Oseras-tu m’assassiner ?
Partiras-tu au Labrador,
Dans cette maison dont je t’ai parlée ?
Que feras-tu si je m’endors ?
Oseras-tu me dévaliser ?
Partiras-tu au Labrador,
Avec le sac dont je t’ai parlé ?
Je prends ta tête entre mes mains
Malgré le sang qui coule sur tes yeux
Veux-tu connaître les horaires de train ?
Désolé, mais je n’ai pas trouvé mieux
Que vas-tu faire maintenant que tu es mort ?
Oserais-tu me dénoncer ?
Je vais partir pour le Labrador
Et cette vie dont je t’ai tant parlée ?
L'eldorado
Pourquoi ne pas parler de cette affaire qui nous offense ?
Comment ne pas y voir le procès de l’intolérance ?
Pourquoi ne pas avoir reconnu leur innocence ?
Je veux savoir avant la fin de la nuit comment fait-on pour sortir d’ici
Je veux connaître ce qui nous attend… de l’autre côté de l’Océan
Comment pourrait-on faire pour soulager notre souffrance ?
Pourquoi ne pas sourire face à toute cette incompétence ?
Comment ne pas subir une nouvelle indifférence ?
Pourquoi ne pas leur dire simplement ce que l’on pense ?
Je veux savoir avant la fin de la nuit comment fait-on pour sortir d’ici
Comment fait-on pour sauver sa peau… et oublier l’Eldorado
Comment pourrait-on faire pour assouvir notre vengeance ?
Pourquoi ne pas revoir le contenu de nos exigences ?
Comment ne pas tomber encore une fois dans la violence ?
Pourquoi ne pas lutter pour des idées sans importance ?
Je veux savoir avant la fin de la nuit comment fait-on pour sortir d’ici
Je sais que rien ne nous attend… de l’autre côté de l’Océan
Porté disparu
Sans la moindre idée
Ou pour sauver sa peau
Sans laisser le moindre mot
Ou pour se changer les idées
Il a su tourner le dos
A ce qui lui faisait défaut
Il a su tourner la page
Sans laisser le moindre message
Où es-tu ?
Que fais-tu ?
Quand rentres-tu ?
Tu es porté disparu
Sans le moindre doute
Il a dû changer de vie
Il a dû prendre la route
Il a pu passer par ici
Sans le moindre bagage
Il a peut-être changé d’avis
Il a peut-être changé de visage
Il est peut-être toujours ici
Où es-tu ?
Que fais-tu ?
Quand rentres-tu ?
Tu es porté disparu
Sans la moindre gêne
Il n’a jamais donné de nouvelles
Sans la moindre peine
Il a pu se faire la belle
Il a fini par trouver refuge
Dans un coin de Scandinavie
Il passe son temps à faire de la luge
En compagnie de ses nouveaux amis
Où es-tu ?
Que fais-tu ?
Quand rentres-tu ?
Tu es porté disparu.
Un combat ordinaire
Quoi qu’il arrive ne te retourne pas
Continue ton chemin et marche tout droit
Fais comme si c’était la première fois
Comme si c’était le jour de tes premiers pas
Y’a pas de quoi tergiverser
La vie est un cadeau empoisonné
Mais si tu lâches l’affaire, Si tu dois t’écraser
Regarde un peu l’enfer qui t’est réservé
C’est un combat ordinaire
Une vie de chien sur un coin de Terre
Une partie de plaisir pour quelques-uns
Mais une tartine de merde pour leurs voisins
Quoi qu’il arrive ne les regarde pas
Continue ton chemin et marche tout droit
Fais comme si ils n’existaient pas
Comme si tu étais seul, qu’il n’y avait que toi
Y’a pas de quoi se mettre en colère
La vie est une farce, on ne peut rien y faire
Et si tu lâches l’affaire, Si tu dois t’écraser
Regarde un peu l’enfer qu’ils t’ont réservé
C’est un combat ordinaire
Une vie de chien sur un coin de Terre
Une partie de plaisir pour quelques-uns
Mais une tartine de merde pour leurs voisins
Quoi qu’il arrive ne les écoute pas
Continue ton chemin et marche tout droit
Fais comme si c’était l’ultime fois
Qu’ils te traitent comme un chien, qu’ils se foutent de toi
Y’a pas de quoi se mettre à chialer
La vie est une chienne qu’il faut apprivoiser
Mais si tu lâches l’affaire, Si tu dois t’écraser
Regarde un peu l’enfer qu’ils t’ont réservé
C’est un combat ordinaire
Une vie de chien sur un coin de Terre
Une partie de plaisir pour quelques-uns
Mais une tartine de merde pour leurs voisins.
Un été 36
Si le temps est aussi clément
Elle retrouvera l’année prochaine
Cette plage qui lui plait tant
Et qui soulage ses vieilles migraines
Elle n’était qu’une enfant
Et c’était la première fois
Qu’elle voyait l’océan,
Le sable fin entre ses doigts
Un été 36
Un hôtel face à la mer
Un été 2006
Un étau qui se resserre
Si la vie est aussi précieuse
Il retrouvera l’année prochaine
Cet hôtel et cette chambre spacieuse
Qui apaisent ses vieilles migraines
Il n’était qu’un enfant
Et pourtant c’était hier
Il n’a pas vu passer le temps
Il voudrait faire le chemin à l’envers
Un été 36
Un hôtel face à la mer
Un été 2006
Un étau qui se resserre
Si la vie est une évidence
Ils retrouveront l’année prochaine
Cette plage de leur enfance
Et cet hôtel pour la semaine
Mais qui peut dire ce qui les attend
Et si ce n’est pas la dernière fois
Qu’elle regarde l’océan
Et lui, le sable entre ses doigts ?
Un été 36
Un étau qui se resserre
Un été 2006
Une fin de vie face à la mer.
Innocent
Veux-tu savoir ce qui se cache
Derrière ce regard amical ?
Veux-tu savoir ce qui se trame
Derrière ce sourire commercial ?
Ce n’est peut-être que du vent
Qui se faufile sournoisement
Ça part peut-être d’un bon sentiment
Mais ce n’est pas innocent.
Veux-tu me dire ce qui te chagrine
Depuis qu’on est sorti de l’usine ?
Veux-tu me dire ce qui te tracasse
Maintenant qu’on est seul sur la terrasse ?
Ce n’est peut-être que de la colère
Qui se dissipe après quelques bières
Ces gens-là ne font pas de sentiment
Mais ils ne sont pas innocents.
Veux-tu savoir ce que j’en pense ?
Veux-tu qu’on prépare notre vengeance ?
As-tu déjà changé d’avis
Ou veux-tu qu’on reprenne ce qu’ils nous ont pris?
Ce n’sera peut-être qu’un feu de paille
La façon de faire d’une petite racaille
Tu sais, je n’ai pas le fond méchant
Mais je ne suis pas innocent.
Terre d'accueil
Te souviens-tu de cette terre d’accueil
Qui t’a tendu les bras autrefois
C’est la même qui te laisse sur le seuil
Maintenant qu’elle n’a plus besoin de toi
Elle était pourtant ta dernière chance
Mais elle ne pouvait pas suivre la cadence
Il ne faudrait pas que tu l’offenses
On te conseille de garder le silence
Te souviens-tu de cette famille d’accueil
Qui t’a tendu la main ce matin
C’est la même qui te laisse sur le seuil
Maintenant que tu crèves de faim
Elle était pourtant ta dernière chance
Mais elle ne pouvait pas suivre la cadence
Il ne faudrait pas que tu l’offenses
On te conseille de garder le silence
Te souviens-tu de cette terre d’accueil
Qui n’existe plus aujourd’hui
C’est la même dont on porte le deuil
Et qui s’enlise dans la merde et dans l’oubli
Elle était pourtant notre dernière chance
Mais elle ne voulait pas suivre la cadence
Il ne faudrait pas qu’on l’offense
On nous conseille de garder le silence.
La fonte des glaces
On les a vus
Subtilement
Sortir de leur hémisphère
On aurait dit
Que successivement
Ils se dirigeaient vers la mer
Il m’a semblé qu’ils nous souriaient
Quand ils ont passé la frontière
On aurait pu les suivre à la trace
Malgré la fonte des glaces
Ils n’étaient plus que dix quand on a croisé la milice
On nous a dit
Succinctement
Qu’ils étaient partis vers le nord
On les aurait vus
Simultanément
Rejoindre l’entrée du port
Il m’a semblé qu’ils s’arrêtaient ici
Avant la tombée de la nuit
On aurait dû les suivre à la trace
Malgré la fonte des glaces
Ils n’étaient plus que deux quand on a rouvert les yeux
On les a vus
Ostensiblement
Surpris de revoir la neige
On aurait dit
Que stupidement
Ils étaient tombés dans le piège
Il m’a semblé qu’ils nous suppliaient
Quand on a croisé le cortège
On aurait pu perdre leur trace
A cause de la fonte des glaces
Il n’en restait plus qu’un quand ils ont lâché les chiens.
Laïka
Prendre un peu de recul
Sortir de l’atmosphère
Enfermé dans une capsule
Dans le flot d’un système solaire
Comme une lente agonie
Qui ne s’entend pas
Comme une chienne de vie
Comme le dernier souffle de Laïka
Pour un autre Spoutnik
Perdre une vie de chien
Pour la gloire des bolcheviks
Sous les yeux des américains
Comme une lente agonie
Qui ne se voit pas
Comme une chienne de vie
Comme le dernier souffle de Laïka
Voir la Terre qui recule
Finir en grains de poussière
N’être plus qu’une particule
Dans le flot d’un système bancaire
Comme une lente agonie
Qui ne se dit pas
Comme une chienne de vie
Comme le dernier souffle de Laïka